Pour faire face à la perte de données due à la prétendue fragilité du papier, les institutions publiques et privées de même que les particuliers pensent  à la numérisation pour protéger leurs précieuses informations.   L’idée est à première vue intéressante lorsque l’on considère le faible coût des supports de stockage numérique et leur facilité d’utilisation.

 

 

L’effort est déjà lancé car une très importante quantité de données est transférée chaque jour sur les supports numériques.   Qu’il s’agisse de données d’état civil, de fichiers des universités ou de dossiers médicaux, toutes les institutions ont choisi les supports numériques pour le stockage et l’archivage de leurs données.  Le stockage se définit en général comme la sauvegarde sur le court terme et l’archivage, la conservation sur le long terme. Par long terme, il est fait référence à la décennie voire le siècle. L’un des objectifs de la protection des actifs informationnels est la protection effective et la conservation des données pour une utilisation au moment voulu par l’entreprise.  C’est pourquoi toute politique cohérente de protection de données est aussi accompagnée de politique, procédures et des lignes directrices pour le stockage et la conservation de données; d’où les politiques de réalisation de backup dans les entreprises. Cependant la grande question qui se pose aujourd’hui concerne la longévité des données archivées sur supports numériques. Une fois les données transférées sur disques durs et sur CD ou DVD, les propriétaires de ces actifs informationnels ressentent  un certain confort  en se disant qu’ils ont accompli leur mission de protection des données dont la préservation est garantie à vie.  Ont-ils raison?   Ces actifs sont-ils vraiment en sécurité ?  La réponse est malheureusement NON.   En effet, les études ont fait ressortir la fragilité des supports numériques et leur courte durée de vie.  Les disques durs sont tellement fragiles que l’on craint un crash à chaque démarrage des systèmes les utilisant. En ce qui concerne les CD et les DVD,  même bien conservés, leur durée de vie se situe dans une moyenne de 5 à 10 ans. Le problème de la longévité des informations numériques  a été soulevé par l’Académie des sciences et l’Académie des technologies en France qui, conscientes de la gravité du problème,  ont mis en place le groupe PSN, Pérennité des supports numériques, qui a porté une réflexion sur cette délicate question. Déjà sensible à ce problème, la firme Google avait en 2007  publié une étude sur les probabilités de pannes des disques durs. Des solutions techniques ne sont pas encore trouvées pour faire face à la perte de données résultant de cette grande propension à la défaillance des supports numériques.  Cependant certaines précautions peuvent être considérées.  L’une d’elles serait d’adhérer à cette stratégie proposée par le PSN  et qui se traduit ainsi : « Le seul conseil que l’on puisse donner aux gens est de recopier leur données sur plusieurs disques et de renouveler les sauvegardes sur des supports neufs régulièrement. » On comprend le coût que l’adoption de cette stratégie peut représenter pour les entreprises. Une solution plus pérenne consisterait à la conception d’un disque  avec une très longue durée de vie. Les experts du PSN pensent au Century disc qui est un support  « … sur lequel l’information est gravée directement dans le verre grâce à un procédé de lithogravure. » Et immédiatement est évoqué le problème  de la facture qu’entrainerait cette nouvelle technologie surtout pour les particuliers.  

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